Merci Macron !

1 avril 2017

Nous avons beaucoup entendu que « En Marche !«  transcendait le soi-disant désuet clivage droite-gauche, cela ayant du reste constitué le leitmotiv – voire le pitch, l’aspect communication marketing étant la principale caractéristique de la bulle EM ! – choisi par et pour son candidat fondateur lors du lancement du mouvement : le dépassement de la logique gauche/droite représentant l’arlésienne de la vie politique française, l’occasion était trop belle pour que le larron Macron n’en profite pour se faire bien voir ou se bien faire voir. La personnalisation du pouvoir ne semblant pas, elle, devoir être considérée comme dépassée par cet individu enchaînant son parti à ses propres initiales.

Or, il se produit tout à fait l’inverse de l’annihilation du clivage. Des élus du parti Les Républicains ont rejoint la marche. Des élus de l’Union Des Indépendants et du Mouvement Démocrate ont rallié les emmarchistes. Des élus du Parti Socialiste les ont rattrapés, non en marchant mais plutôt en courant. De tous les changements de casaques, ces derniers s’avèrent probablement les plus révélateurs. En effet, LR, c’est la droite. UDI et Modem constituaient prétendument le centre, or le centre n’a jamais gouverné qu’avec la droite, ce « centre«  est donc de droite. Enfin, le P « S«  qui rampe ventre à terre vers Macron est celui qui a soutenu le mensonge Hollande durant tout le quinquennat. Celui qui se soumet au néolibéralisme. Il s’agit en somme du PS de droite.

On pouvait se demander En Marche ! certes, mais vers où, vers quoi ? Nous le savons aujourd’hui, Macron ayant aussi depuis quelque temps abandonné les faux-semblants sur ses options économiques – les médias les moins prétendument à droite le soutenant faisant bien entendu mine de ne rien y comprendre pour ratisser large.

En Marche ! vers la droite donc.

Ainsi, En Marche ! aura-t-il enfin permis aux membres concernés du Parti « Socialiste« , notamment une bonne partie de l’ex-mouvance DSK, d’effectuer leur coming out de droite, ce qui nous autorise désormais à placer la ligne de démarcation économico-sécuritaire clairement, alors que la présence de deux tendances « irréconciliables » au sein d’un même parti empêchait visiblement les médias d’en prendre acte.

Cette ligne détermine quel camp prône le néolibéralisme et le TINA[1], la droite, et quel camp prône la mise en œuvre d’options économiques alternatives, la gauche. Quel camp prône l’autoritarisme, la droite, et quel camp la défense des libertés individuelles et collectives, la gauche, au contraire de la liberté des affaires pour la droite.

Aussi, voilà comment se répartissent désormais les principaux partis, mouvements ou tendances politiques :

Extrême Droite : Front National, Debout La France.

Droite extrême : Les Républicains.

Extrême-centre : La République En Marche, Mouvement Démocrate, droite du Parti « Socialiste« .

Droite : il n’existe plus actuellement de parti significatif de droite « classique«  qui serait sociale et de ce fait probablement anti-européiste, telle l’ancienne mouvance séguiniste par exemple. Le plus proche en serait peut-être l’Union Populaire Républicaine.

Centre droit : le reste du Parti Socialiste.

Centre gauche : Europe Écologie Les Verts.

Gauche : La France Insoumise, Parti Communiste.

Extrême gauche : Lutte Ouvrière, Nouveau Parti Anticapitaliste.

Notons qu’en dehors des questions « sociétales«  sur lesquelles sa position est libérale, en réalité plus pour des raisons d’atavisme marchand que par penchant pour la liberté des mœurs (n’oublions pas le catholicisme de Macron), l’extrême centre se situe politiquement (économie, social, et libertés collectives) à droite de la droite. Cet aspect sociétal est le même que celui dont s’est servi le Parti Socialiste pour continuer de se (faire) classer à gauche, alors que ses orientations économiques, sécuritaires et migratoires avaient viré à droite depuis longtemps.

L’apparition hors de sa boîte du diablotin Macron, dont nous verrons dès le résultat du premier tour si le ressort continue de le pousser vers la lumière ou s’il lui fait réintégrer sa cache, aura donc enfin permis de clarifier le positionnement politique de chacun. Elle permettra aussi à l’avenir d’appeler à nouveau chaque tendance par leur nom, car le P« S » n’avait plus assez de socialisme ni de gauche en lui pour mériter l’appellation « socialiste » : nous allons voir comment ses courants vont tenter de s’octroyer sa dépouille.

Cette répartition des partis se représentera toutefois mieux en deux ou trois dimensions, se contenter d’un cheminement linéaire pour mener d’un côté du spectre politique à l’autre n’est simplement pas suffisant : cela est même mensonger quand on le représente en cercle pour faire se rapprocher les extrêmes droite et gauche qui se rejoindraient fort à propos pour leurs détracteurs, de droite essentiellement. De cette façon l’extrême centre pourra apparaître tel qu’il existe.

[1] « There is no alternative » (il n’y a pas d’alternative) : Mme Thatcher.

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