Extrême-centre : Mini démocratie

12 juin 2019

C’est en lisant l’interview de Natacha Polony sur le site Figarovox que j’ai fait le rapprochement avec la tribune offerte par le JDD à Schiappa et consorts emmarchistes pour leur discours de type « mon parti ou ma patrie », ce qui est avouons-le assez paradoxal (antithétique en fait) venant de ce courant.

Mais nous ne sommes plus à un détournement près de leur part me direz-vous, pour preuve encore le discours de Macron à l’OIT, président de droite et de droite (pour ceux qui auraient douté ou le ferait encore…) fustigeant le « néolibéralisme« , un « capitalisme devenu fou« , ou le « le chaos » alors qu’en parfait représentant de l’extrême-centre (cf. Alain Deneault) et de ses politiques, il les met parallèlement en œuvre en France, dans l’union européenne, et crée le chaos via les violentes répressions policières menées contre les gilets jaunes notamment. Trilatérale, Bilderberg, AFEP et Medef ont dû bien rire en écoutant ces bonnes blagues…

Bref, l’extrême-centre, que représente en France l’emmarchisme macronien, incarne à merveille ce dont parle Natacha Polony (qui n’aborde pas les mouvements politiques dans cette interview à part un bref passage sur les « populismes », d’où l’intérêt du rapprochement fait ici), à savoir la dictature d’une minorité et de ses croyances dans :

1/ le néolibéralisme (utilisation de la puissance de l’État pour imposer l’emprise du marché et offrir les biens publics au privé),

2/ la supériorité d’une caste (et non « élite » car ce sont bien souvent des médiocres) de la raison soi-disant sachante,

3/ la réduction des libertés publiques (état d’urgence devenu droit commun) et de la liberté d’expression (pour l’opposition, pas pour les chiens de garde des médias aux ordres – alias « les nouveaux curés« ),

4/ leur version pour le moins étriqué du bien commun ou de l’intérêt général,

5/ ou encore l’atlanto-otanisme politico-culturel (remplaçant notre universalisme par le communautarisme à l’américaine) et du fédéralisme européen de marché qu’ils appellent de leurs vœux car rappelons-le : « il n’y a pas d’alernative« , combien de fois faudra-t-il vous le répéter ?!

Car au contraire du pragmatisme et de la raison revendiqués, tout le discours macronien ne repose que sur des croyances. La dimension religieuse à laquelle renvoie Natacha Polony ne fait aucun doute dans l’emmarchisme et se synthétise dans son chef, Emmanuel Macron (même à titre privé), archétype de « l’individu-roi qui impose sa vision des choses au reste du monde ».

Ce rapprochement Polony/Schiappa m’a ensuite rappelé deux récents éditoriaux radiophoniques car au-delà de la mise en perspective des ces articles, le peu de goût de la macronie pour la démocratie a même été détecté par la pourtant devenue à force assez peu contestataire rédaction de France Culture, comme l’illustre les chroniques suivantes : elles concernent d’une part cette même tribune de Schiappa et al., et d’autre part le chantage fait aux maires et autres élus locaux par Emmanuel Macron (cf. la soudaine démission de Pécresse de LR pourtant débarrassée de Wauquiez, par exemple) pour obtenir dans un second temps des sénateurs EM! et espérer contrôler à terme une assemblée qui lui échappe encore.

Tout cela mis bout à bout nous amène presque naturellement à ceci, à quoi je ne pensais pourtant pas en débutant ce billet, d’autant que je n’ai aucun intéressement sur les ventes. Mais comme le dirait (sans le faire) ce bon Édouard Philippe dont on oublie que trop la responsabilité dans les politiques actuelles, « j’assume »…:

TDLT

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