Extrême-centre : Mini démocratie

29 juin 2019

C’est en lisant l’interview donnée par Natacha Polony (datée du 12 juin) sur le site Figaro Vox que nous avons fait le rapprochement avec la tribune offerte par le Journal du dimanche (8/9 juin) à Marlène Schiappa et consorts emmarchistes pour leur discours de type « mon parti ou ma patrie », ce qui est avouons-le assez paradoxal (antithétique en fait) venant de ce courant – leur choix étant déjà fait pour leur parti et une dissolution de la France dans un globalisme européen.

Mais nous ne sommes plus à un détournement près de leur part me direz-vous, pour preuve encore le discours du 11 juin de Macron à l’Organisation Internationale du Travail, président de droite et de droite (pour ceux qui auraient douté ou le feraient encore… Site Le Point du même jour) fustigeant le « néolibéralisme », un « capitalisme devenu fou, » ou « le chaos » alors qu’en parfait représentant de l’extrême-centre (Alain Deneault La grande Table, France Culture, 4 mai 2018) et de ses politiques, il les met parallèlement en œuvre en France, dans l’Union européenne, et crée le chaos via les violentes répressions policières notamment menées contre les gilets jaunes.

Trilatérale, Bilderberg, Association Française des Entreprises Privées (AFEP[1]) et Mouvement des entreprises en France (MEDEF) ont dû bien rire en écoutant ces bonnes blagues, peut-être presque autant que lors du discours du Bourget de François Hollande, c’est dire…

Bref, l’extrême-centre, que représente en France l’emmarchisme, incarne à merveille ce dont parle Natacha Polony (qui n’aborde pas les mouvements politiques dans cette interview à part un bref passage sur les « populismes », d’où l’intérêt du rapprochement fait ici), à savoir la dictature d’une minorité et de ses croyances dans :

1/ le néolibéralisme (utilisation de la puissance de l’État pour imposer l’emprise du marché et offrir les biens publics ou communs au secteur privé marchand) ;

2/ la supériorité d’une caste (et non « élite«  car ce sont bien souvent des médiocres) de la « raison«  soi-disant sachant ;

3/ la réduction des libertés publiques (état d’urgence devenu droit commun, etc.) et de la liberté d’expression (pour l’opposition, pas pour les emmarcholâtres – notamment des médias aux ordres – alias « les nouveaux curés[2]« ) ;

4/ leur version pour le moins étriqué du bien commun ou de l’intérêt général ;

5/ l’atlanto-otanisme politico-culturel (remplaçant notre universalisme par le communautarisme à l’américaine) et le fédéralisme européen de marché qu’ils appellent de leurs vœux puisque rappelons-le : « il n’y a pas d’alternative » : Franchement, faites un effort, combien de fois faudra-t-il vous le répéter ?!

Car au contraire du pragmatisme et de la raison revendiqués, tout le discours macronien ne repose que sur des croyances. La dimension religieuse à laquelle renvoie Natacha Polony ne fait aucun doute dans l’emmarchisme et se synthétise dans son chef Macron (même à titre privé), archétype de « l’individu-roi qui impose sa vision des choses au reste du monde ».

Ce rapprochement Polony/Schiappa nous a ensuite rappelé deux récents éditoriaux radiophoniques car au-delà de la mise en perspective de ces articles, le peu de goût de L’emmarcherie pour la démocratie a même été relevé par la pourtant devenue à force assez peu contestataire rédaction de France Culture, comme l’illustrent les chroniques suivantes : elles concernent d’une part[3] cette même tribune de Schiappa & Co., et d’autre part[4] le chantage fait aux maires et autres élus locaux par Macron (cf. la soudaine démission de Valérie Pécresse de LR pourtant débarrassée de Laurent Wauquiez, par exemple) pour obtenir dans un second temps des sénateurs L’a-Rem et espérer contrôler à terme une assemblée qui lui échappe de beaucoup.

Tout cela mis bout à bout nous amène presque naturellement à ceci, à quoi nous ne pensions pourtant pas en commençant ce billet, d’autant que sans aucun intéressement sur les ventes… Mais comme le dirait (sans le faire) ce bon Édouard Philippe dont on oublie que trop la responsabilité dans les politiques actuelles[5] « j’assume… » :

Car, contrairement à ce que l’on peut parfois entendre, et qui représente pourtant déjà une prise de conscience certaine, il n’y a pas de « dérive«  de la présidence Macron. Ce qui se produit, et va continuer en s’aggravant, constitue l’essence de l’extrême-centre.

Qui a vraiment pesé les mots qu’il a prononcés suite à l’incendie de Notre Dame de Paris et à la polémique sur le mécénat des grandes fortunes ?

« Chacun est dans son rôle. Chacun est à sa place. »

À sa place. Ça ne choque personne ? Vraiment ? Il reconnaît là fortuitement que nous vivons dans une société de castes, à laquelle il adhère pleinement. Alors, cette fois, notez bien ceux-ci, de mots :

L’emmarchisme

est

par essence

un totalitarisme

[1] Elle représente les entreprises françaises de taille mondiale.

[2] Les Echos, édito de JF Pécresse, 25 avril 2019.

[3] Billet politique du 11 juin.

[4] Idem 7 juin.

[5] Idem 12 juin.

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